Capurgana : dans un petit coin de Colombie

Nos chroniques d’Amérique du Sud

Capurgana : dans un petit coin de Colombie

On apprend à ouvrir une noix de coco ramassée au pied d’un palmier à l’aide d’une pierre. C’est du boulot !

Au petit matin, on embarque en bateau à Capurgana, un petit village tout à l’ouest de la Colombie, à quelques kilomètres du Panama. On tombe amoureux de l’ambiance qui règne au village et de la mer caraïbe, si douce et si belle. On s’installe à l’auberge Luna Verde, qui nous plaît bien avec son côté décalé. C’est encore un lieu tenu par un Français ! Fabio à la trentaine paisible dans ce petit coin de paradis. Il s’en sort bien en offrant des séjours en bateau à moteur sur les îles San Blas. Ce sont de petits îlots de sables aux eaux turquoise en direction du Panama. C’est très tentant d’y aller mais comme on part vers l’est, à l’opposé, ça ne nous arrange pas du tout…

 

La bande du Luna Verde se compose aussi de David et Laurent, deux potes de Fabio en voyage et Victoria une ravissante métisse de Bordeaux qui mène une carrière atypique. Avant, c’était la programmatrice du Cabaret Sauvage à Paris et depuis deux ans, elle voyage seule en Amérique latine en organisant ça et là des concerts de reggae. C’est l’une des seules à avoir eu l’idée de faire venir jouer les grands noms du reggae jamaïcain ici et ça marche du tonnerre ! On fait la connaissance de chacun sur la grande plage du village bordée de palmiers, tranquille et accueillante. Nous deux, on est aux anges : c’est la première fois du voyage qu’on se baigne dans la mer ! Ça parait dingue ! Dans les jours qui suivent on fait de chouettes balades à pied pour rejoindre des plages plus isolées. La Miel est de loin la plus belle et nous emmène en territoire panaméen. Avant de passer le check-point de la frontière, on découvre le petit village de Sapsuro, enfoncé au fond d’une jolie baie.

On ne voit pas défiler l’après-midi sur la plage de La Miel. C’est juste un endroit de rêve ! On apprend à ouvrir une noix de coco ramassée au pied d’un palmier à l’aide d’une pierre. C’est du boulot ! Je tombe accroc à la chair de coco fraîche et j’améliorerai vite la technique… On est au mois d’octobre et il pleut chaque jour ou presque sur les Caraïbes, surtout la nuit en général. Le ciel sur la mer est souvent trop gris à notre goût. D’un autre côté, la côte est presque déserte en cette saison.

On se lève un matin et on comprend vite que la pluie ne s’arrêtera pas de la journée ; l’occasion idéale pour jouer au poker tout l’après-midi en buvant du rhum et en fumant des cigares. Je finis second et j’empoche quelques pesos colombiens. Le vainqueur de la partie qui est américain décide de se faire payer en herbe locale. Pas trop étonnant lorsqu’on sait que, dans son pays, il travaille en tant que commercial pour un producteur de cannabis médicinal en Californie !

 

Avant de repartir, on se laisse tenter par une session de plongée sous-marine. C’est une initiation pour Rose et elle a du mal à gérer tout l’équipement et admirer le spectacle. C’est normal. Moi, je suis content de m’y remettre, même si je ne suis plus aussi à l’aise que lorsque j’ai passé mon diplôme Padi à Melbourne, il y a deux ans. On n’a pas beaucoup de chance et on ne voit guère plus de choses qu’en snorkeling. Je lève la tête et j’adore voir les bulles remonter à la surface pendant que je reste tranquillement au fond.

 

Ce week-end, c’est la fête du coquillage. On ne voit pas de coquillage mais on comprend que c’est un prétexte pour sortir et danser ! Sur la place, les habitants ont installé une sono assourdissante. Les gens boivent des bières, attablés en terrasse, et les filles se mettent sur leur 31. Le mieux, c’est lorsqu’une grande fanfare cacophonique prend le relais ! Le public tourne en file indienne autour de la scène tout en dansant. Les mouvements du bassin évoquent clairement l’acte sexuel et tout le monde s’en donne à cœur joie, les jeunes couples comme les grosses mamas qui traînent leurs enfants par la main. On se mêle à la foule et on rigole bien. On est les deux seuls occidentaux sur cette place et on se dit qu’on a de la chance de vivre ça… On a vraiment adoré marcher dans les rues de Capurgana, qui ne compte pas une seule voiture, pour y découvrir au fil des jours la vie paisible de ses habitants. C’est donc à regret qu’on reprend le bateau.

 

Bertrand Sinssaine             8 octobre 2012

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