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Nos 40 jours au Japon

Nos chroniques de la Grande Asie

Nos 40 jours au Japon

On tente notre premier onsen, ces bains thermaux qui parsèment l’archipel. Tout le monde se lave côte à côte, assis devant une glace, puis on choisit entre les bains intérieurs ou extérieurs et on se délasse dans 40° d'eau chaude

On apprivoise d’abord la culture japonaise si subtile dans la région de Takayama puis autour de la péninsule de Noto au Nord de l’île principale de Onshu. En traversant de petits villages aux maisons de bois et toits de chaume, entourées de rizières, on découvre un Japon rural qui occupe encore un espace important face aux villes. Ici chaque rue est impeccable, le pays entier est calme et les gens qu’on croise sont tous d’une immense politesse, parfois pesante pour nos caractères latins : quand tu remercie quelqu’un, il te remercie de l’avoir remercié et ainsi de suite, ça peu durer…
On pousse les portes coulissantes d’un ryokan, une auberge japonaise, et on plonge dans une gastronomie plutôt éloigné de ce qu’on imaginait : une multitude de petits plats à l’apparence simple, sans sauce, très sain et savoureux. Pendant notre voyage, notre ventre restera en diète de sushis, introuvables avant d’arriver à Tokyo ! On tente notre premier onsen, ces bains thermaux qui parsèment l’archipel. Les hommes et les femmes y sont séparés, on entre d’abord nu dans une première pièce où tout le monde se lave côte à côte, assis devant une glace, puis on choisit entre les bains intérieurs ou extérieurs et on se délasse dans 40° d’eau chaude, tout ça pour 4 €. On y retournera souvent, c’est parfait pour nous qui allons beaucoup faire de camping sauvage !

On rejoint Sasayama pour 10 jours de wwoofing. On y travaille avec Gen et sa femme Anna qui est américaine en échange du gîte et du couvert. Ils retapent une belle maison en bois sur une colline qui domine les rizières, avec l’aide de nombreux wwoofers. Au fil des jours on plâtre, ponce et peint les murs, plante des légumes, construit un abri de jardin, monte une pile de compost… On prépare tous ensemble les dîners et le pain au levain qu’ils cuisent dans un four à bois. Midori, la grand-mère japonaise qui habite avec eux, nous émerveille en tenant une cérémonie du thé, pratique zen s’il en est, et on s’essaie aussi au kendo, le sabre japonais (en bois pour les exercices) qu’on manie en poussant de grand cris Maaaaaaaaa en frappant l’instructeur sur le dessus de son casque !

On retrouve enfin Loïs qui vient d’atterrir au Japon. Cela faisait des années qu’on se promettait de voyager ensemble… Kyoto nous enchante avec ses temples perchés et on se balade tellement qu’il en oublie vite son décalage horaire. Sur un marché, on goute des trucs délicieux dont une mini pieuvre fourrée avec un œuf de caille ou alors vraiment bizarres comme des légumes macérés dans du riz fermenté. Après un excellent repas de tempura, on s’initie au karaoké et Loïs et Rose y tombent accros ! Osaka est bien plus moderne et branchée. Les néons flashent, les centres commerciaux et les immenses magasins de manga y foisonnent. Pourtant, il reste de mystérieuses allées éclairées faiblement par des lanternes rouges. Les restaurants y sont presque cachés, on y rentre et il n’y a pas plus de 10 places. Le chef, qui porte un bandana sur le front, s’affaire autour du bar et nous sert de délicieuses brochettes accompagnées de saké.

Sur l’île de Shikoku, on s’essaye à trois à la formule rando/stop. On marche 2 jours sur le pèlerinage des 88 temples avant de s’enfoncer dans la sauvage vallée d’Iya où l’on se baigne dans des gorges somptueuses. Plusieurs fois des conducteurs nous viennent en aide alors que la nuit tombe, qu’il pleut et qu’on se demande bien où on va camper… Ils nous emmènent toujours là où on veut, quitte à faire de grands détours. C’est un vrai plaisir de faire du stop au Japon ! On se fait même inviter à diner par un chauffeur de camion qui nous paye un bol de ramen, nouille au bouillon agrémentées d’œuf, d’oignon et de viande, LA nourriture pas chère et délicieuse du pays.

On change de monde en prenant le ferry pour Tokyo. Cette ville hallucinante possède sur de nombreux étages tout ce qu’il est possible d’imaginer et encore davantage : jeux d’arcades, combat de sumo, bar où caresser des hiboux, gens surlookés, club techno sur 4 étages et enfin un merveilleux restaurant de sushi sur tapis roulant, proposant une diversité de poisson gigantesque. La mégalopole, telle un robot, ne dort jamais ! Nous non plus d’ailleurs et on s’envole hébétés et morts de fatigue pour Bangkok où on retrouvera Maïa…

Rose Debouverie, Septembre 2015

4 Comments
  • Virginie

    6 novembre 2015 at 20 h 07 min Répondre

    Je découvre votre projet et ce magnifique blog par hasard. Passionnée par le monde et les voyages c’est avec bonheur que je lis votre récit sur le Japon qui me fait rêver depuis très longtemps .
    A très bientôt .
    Virginie

    • Bertrand Sinssaine

      8 novembre 2015 at 12 h 54 min Répondre

      Bonjour Virginie, votre commentaire nous fait très plaisir ! Le Japon est un pays vraiment à part avec une culture si unique qu’elle est une source d’étonnement permanent.
      Nous vous souhaitons de très beaux voyages à venir!

  • olivia

    3 janvier 2017 at 9 h 17 min Répondre

    Bonjour,
    Quel joli récit ! Nous partons en mars-avril au japon et souhaitons aussi faire la formule stop/rando sur Shikoku. Est-ce facile ou bien avez-vous attendu longtemps avant d’être pris en stop ? On lit partout qu’il faut louer une voiture pour profiter au mieux de cette île. Mais nous voulons quand même tenter le coup avec notre pouce et notre tente ;). Vous nous le conseillez ? Merci d’avance et bonne journée !
    Olivia

    • Bertrand Sinssaine

      3 janvier 2017 at 11 h 15 min Répondre

      Les moments passés sur Shikoku à randonner sur les 88 temples ou à faire du stop sont vraiment parmi mes meilleurs moments vécus au Japon ! Ça nous est arrivé parfois d’attendre mais nous marchions alors sur de belles routes de montagnes au centre de l’île avec pratiquement aucune voiture pendant des heures. Dans les zones plus peuplées et vers la vallée d’Iya c’est tout à fait jouable. Même si les Japonais sont très peu habitués au stop c’est une bonne manière de les rencontrer et de se mettre à leur langue, ils ne parlent pas du tout Anglais en dehors des grandes villes. Pour les déplacements on était arrivés sur l’île en bus depuis Kyoto et on avait aussi pris le train à l’intérieur de l’île.
      Bonne route !!
      Bertrand

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