Au galop dans les steppes de Mongolie

Nos chroniques de la Grande Asie 

Au galop dans les steppes de Mongolie

Tous les soirs on installe nos campements dans des coins idylliques, près d'une rivière où on peut se laver. Les chevaux semi-sauvages viennent aussi nous guetter.

Nous sommes arrivés en Mongolie en bus le 4 Juin et en chemin on a vite aperçu nos premières yourtes qui parsèment toute la steppe de taches blanches.

Arrivés à Oulan-Bator, on découvre des bâtiments récents mais déjà défraichis, une circulation hyper dense et des klaxons à tout va. On passe une semaine à La Petite Marmotte, une auberge tenue par Vincent, où l’on rencontre une bonne bande de Français et de Suisses avec qui on se motive pour courir les 10 premiers km du marathon d’Oulan-Bator !

Pour fêter ça le soir même on danse sur de la bonne techno, au Mint, boite à la mode pour jeunesse ultra-friquée. Sinon, on mange très bien à OB, notamment Coréen mais aussi végétalien car le Bouddhisme est la principale religion ici.

Grace à Vincent qui nous initie, on part faire un trek en solo juste avec carte et boussole pendant 8 jours dans l’Arkhangaï au centre du pays. Notre cap est tracé, 140km à parcourir dans des vallées verdoyantes où coulent les torrents et paissent les troupeaux. On rencontre de nombreux nomades qui nous aident à trouver le chemin ou viennent simplement nous observer avec curiosité. Les rivières à traverser sont nombreuses et l’eau glacée nous arrive souvent aux cuisses ! Une fois on doit demander à des nomades de nous faire traverser avec leur 4×4 russe ; presque chaque famille a le sien, les éleveurs sont prospères dans la région. Tous les soirs on installe nos campements dans des coins idylliques, près d’une rivière où on peut se laver. Les chevaux semi-sauvages viennent aussi nous guetter.

Un jour où il commence à pleuvoir, une femme nous invite par un geste vers sa yourte. Elle nous offre le fameux thé au lait salé, pas mauvais, et du fromage très dur et horriblement acide, version locale du parmesan (ce fromage finira ensuite immanquablement cachés dans nos poches à chaque rencontre !). A l’intérieur de la yourte on la regarde faire du beurre de yak et je participe un peu. On joue avec les enfants qui sont adorables et aident aussi beaucoup dans les tâches quotidiennes. La famille est vraiment gentille et on se sent à l’aise. Narangerel, la maman, a l’air assez fière de nous recevoir et elle se sert de notre guide de conversation pour nous poser toutes sortes de questions. On peut communiquer un peu mais souvent on montre les phrases du doigt plus qu’on ne les prononce car le Mongol est franchement imprononçable ! On trouve même le Russe facile à côté… On assiste à la traite des yaks et le soir on goute un plat de riz bouilli 2h dans du lait avec un soupçon de viande de yak séchée, le tout sans sel, ni épice… On a beau avoir très faim, ce n’est vraiment pas bon ! Ici les gens ne mangent jamais de fruits et légumes. On goute aussi au fameux airag, lait de jument fermenté, alcoolisé à 3°C. Bertrand déteste, moi ça va, faut aimer le gout de la levure ! Bon vous l’avez compris, on n’est pas DU TOUT adaptés à la nourriture mongole !

On n’oubliera pas cette famille chez qui on passe la nuit et par la suite on se fera souvent inviter dans des yourtes. C’est surement le seul pays où quiconque peut rentrer chez les gens, à tout instant et sans crier gare (surtout il ne faut pas frapper !) et sera toujours accueilli le mieux du monde, car l’hospitalité est une tradition ancestrale. Dès qu’on veut demander un renseignement, la discussion ne peut pas se faire dehors. Il faut entrer et rebelote, thé au lait et fromage dans la poche. Il faut dire qu’on préfère quand même dormir dans la tente même si on se fait inviter parce que ça manque un peu d’intimité (toute une famille dans 20m2) et puis ce n’est pas super propre…

Bertrand s’entend avec Nomadic Journeys, l’agence locale qui organise les séjours d’Atalante en Mongolie, afin qu’on participe tous les 2 à un de leur voyage à cheval en échange d’une vidéo promotionnelle. On part avec 3 allemandes, âgées de la quarantaine, pour un voyage haut de gamme au Nord du désert de Gobi, dans des paysages désertiques et de grandes steppes idéales pour les longs galops, avec des aigles royaux, des vautours moines et des gazelles. Le niveau de confort est 5 étoiles, on a des lits de camp et des tapis persans dans nos tentes, c’est du jamais vu pour nous ! Nos fesses ont beaucoup souffert au début mais au bout de 4 jours, ça va mieux et on s’aguerris au galop. Bertrand a dû travailler dur car filmer à cheval c’est une autre paire de manche qu’en randonnée… La guide, Khandaa, 25 ans, est formidable et on a vécu une expérience splendide ; 175 km parcourus en 8 jours.

Pour finir on part rejoindre un groupe de clients Atalante, pour un trek de 5 jours cette fois dans la vallée de l’Okhon. Deuxième vidéo réalisée, on n’a pas chaumé !

De retour à Oulan-Bator, le vol de notre ordinateur dans notre guesthouse nous laisse un goût amer. Peu de donnée perdues grâce à un bon back-up mais beaucoup de temps perdu pour tout récupérer, sans parler du montage des vidéos qui va prendre du retard. Il y a beaucoup de vols à Oulan-Bator, c’est vraiment un pays à l’intérieur du pays, un autre monde. Tout autour dans les steppes, c’est l’autosuffisance et la simplicité alors qu’ici la richesse côtoie l’extrême pauvreté.

Voyager dans la campagne mongole c’est revenir à un temps où l’agriculture n’était pas encore développée. Ils ne consomment que leur propres viandes et laitages, achetant seulement riz, farine et sucre. Et surtout ils vivent et meurent sans imprimer de trace sur la terre et hormis quelques sodas, panneaux solaires et Nokia 3310, le pays reste le même qu’à l’époque de Gengis Kahn.

L’aventure continue maintenant en Chine…

Rose Debouverie, 15 juillet 2015

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