BOLIVIE : Sommet du Huayna Potosi : 6088 m

Nos Chroniques d'Amérique du Sud

BOLIVIE : Sommet du Huayna Potosi : 6088 m

la vue là-haut est splendide. Il nous faut cinq minutes pour retrouver nos esprits et en profiter. On voit le Titicaca et donc le Pérou à 300 km !

Installés à l’hostel Solario de La Paz, on rencontre Pierrot et Nico avec qui on organise notre expédition de 3 jours en haut du Huayna Potosi avec l’agence Travel Track qui se révèlera un très bon choix.

On quitte La Paz en minibus et après 1 heure 30 de route, on arrive au Refugio Barro, à 4 800 m. On part marcher jusqu’à un glacier pour s’essayer aux crampons et on escalade même une cascade de glace à l’aide des piolets. Éreintant et difficile mais inoubliable. On rentre ensuite au refuge, ils nous apportent du thé et beaucoup de biscuits et, au bout de 10  minutes, ils enchaînent le service avec une soupe et le repas ! Il est 18h00 ; apparemment, ils veulent qu’on se couche tôt ! Après une bonne nuit, un peu trop fraîche peut-être, on monte à pied en trois heures au Refugio Alto, à 5 200 m. On y passe tranquillement l’après-midi. On dîne à 17h00 et on se couche car il faudra se lever à 1h00 du matin pour l’ascension ! La nuit est difficile pour tout le monde : l’altitude empêche de dormir.

On prend le petit-déj’ et on s’équipe : combinaison, crampons, piolets. Je suis encordée avec Bertrand et notre guide. On part à la frontale, avançant comme des escargots. L’ascension est raide et sans répit et nous sommes vite tous les deux très fatigués. L’altitude extrême nous donne l’impression d’avoir 80 ans, les pas sont très rapprochés, le souffle coupé. Heureusement qu’on avait pris l’habitude d’être en altitude dans les semaines précédentes. Nous sommes tout de même chanceux car la météo est avec nous et le vent ne souffle pas. Cinq heures jusqu’au sommet. On est motivés, le jour se lève, on va le faire ! Les paysages sont à couper le souffle. La dernière demi-heure se gravit sur une crête vertigineuse. C’est vraiment flippant et l’effort est horrible. On arrive enfin ! Nico et Pierrot redescendent, ils ont été très vite ! La vue là-haut est splendide. Il nous faut cinq minutes pour retrouver nos esprits et en profiter. On voit le Titicaca et donc le Pérou à 300 km ! La plate-forme de 10 m² est légèrement en pente et me fait peur. Au bout de 15 minutes on redescend déjà ; deux heures jusqu’au refuge. Il est dangereux de rester trop longtemps en altitude. Éreintés, on mange une soupe, puis il faut de nouveau descendre jusqu’au premier refuge. Je peine et je ressens le contrecoup de l’ascension. J’ai envie de vomir. Je crois que c’est l’extrême fatigue. De retour à La Paz, heureux et fiers, on se retrouve tous les quatre à manger une fondue chez Swiss Fondue. Le fromage est bolivien. On ne sait pas trop comment ils ont réussi à accommoder la recette, mais on profite bien de ce fromage bien mérité.

Le lendemain on prend un petit bus vers Coroïco. Il y a un festival de musique traditionnelle tout le week-end… Le tarif du bus est plus cher que d’habitude et l’hôtel Sol y Luna qu’on avait repéré est complet ! Je maudis le festival. Juste à côté, on se rabat sur les cabanas de Don Leon, qui s’enfoncent également dans la végétation de la montagne. On peut dormir dans une tente déjà montée où on nous installe un matelas : quel luxe ! Le patron Orlando nous invite à boire un verre chez lui. Sa copine Rosie, 50 ans, ne tient déjà plus debout. Cette soirée rock’n’roll se révèlera une sacrée plongée dans la bourgeoisie bolivienne !

Réveil dans la grisaille. On bouge à Sol Y Luna. Malheureusement le temps ne se découvrira pas. Néanmoins, je trouve une sérénité sans égal dans ce lieu, perdu dans la jungle. Le principe est génial : il y en a pour tous les prix, du camping à la maison perso, isolée du reste et splendidement meublée (qui ne coûte, cela doit être dit, que 35 € la nuit !). Farniente et bonne bouffe au resto. Il pleut toute la nuit et le lendemain aussi, ce qui est exceptionnel apparemment ! Je suis déçue car j’en ai marre d’avoir froid. On décide de rentrer à la Paz, contents quand même…

 

Rose Debouverie, juillet 2012.

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